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Nouvelle
année, nouvelle « Question jurassienne »
L’année qui se termine a
été marquée par une folle effervescence autour de l’initiative « Un seul
Jura ». On aura tout entendu et tout lu, du meilleur au pire. Côté
antiséparatiste, aucune surprise. Enferrés dans le dogme largement éculé d’un
faux loyalisme envers le canton de Berne, les élus du parti majoritaire ont
sombré dans une réaction néfaste aux intérêts de la région. Jusqu’à être
sévèrement corrigés par le Grand Conseil bernois lui-même, lequel, se fondant
sur la critique du Ministre Mario Annoni, a rejeté toute discussion en son sein
sur le contenu du mandat confié à l’Assemblée interjurassienne. On se souvient
par ailleurs que ce mandat visant à conduire une étude sur la création d’un
nouveau canton formé des six districts francophones du Jura, approuvé par les
autonomistes, avait été publiquement présenté le jour même de la diffusion du
manifeste pro-bernois, selon lequel la Question jurassienne « n’existe
plus » !
Si
l’on regarde ce qui s’est passé dans la République jurassienne, on dira que
certains responsables politiques auraient mieux fait de réfléchir avant de
parler. Il est vrai que, de notoriété publique, quelques membres de la
délégation du Jura à l’Assemblée interjurassienne se sont comportés de manière
parfaitement indigne à l’égard du mouvement autonomiste. Celui-ci les laissera
cependant là où ils méritent d’être : dans le mépris qu’ils s’attirent en
cultivant celui de contradicteurs qui, eux, ont l’appui de la population jurassienne
(rappelons que l’initiative « Un seul Jura » a récolté 6'000
signatures dans les trois districts du nord en moins de cinquante jours) !
Enfin, on ajoutera que le Gouvernement jurassien, et plus précisément le
Ministre Jean-François Roth, n’a pas négligé la décision prise en novembre 2004
par le Parlement et lui a donné la suite qui convenait. Nous le reconnaissons
avec d’autant plus de facilité que nos affrontements, s’ils ont été respectueux
des formes, n’en ont pas moins été intenses et souvent durs.
L’année qui vient, nous le
souhaitons, doit s’inscrire dans l’histoire du Jura comme le franchissement
d’un cap décisif vers une solution durable de la Question jurassienne. La loi
« Un seul Jura » sera acceptée sans difficulté, quels que soient les
amendements qu’on y apportera ou non, ceux-ci étant par avance connus et ne
revêtant en dernière analyse aucun caractère conditionnel. Conséquence directe
d’une initiative « Un seul Jura » définitivement validée sur le plan
juridique et reconnue politiquement opportune, la loi concrétise une idée
neuve, porteuse d’espoirs, généreuse dès sa prime élaboration. Les autonomistes
veulent croire que les institutions et les individus s’en saisiront dans un
esprit positif, ainsi qu’elle s’en prévaut elle-même sous la plume de ses
concepteurs, et conduiront la réflexion jusqu’à son terme.
Le « partage de
souveraineté » est une offre hautement respectueuse des droits et libertés
démocratiques. Personne ne comprendrait ainsi qu’on veuille ou on tente de la
saboter. Quoi qu’il en soit, elle est seule à pouvoir garantir la survie d’une
Assemblée interjurassienne condamnée à l’anonymat et à l’inutilité en dehors de
la réalisation de son mandat initial, à savoir « régler politiquement le
conflit » jurassien !
Le
mouvement autonomiste n’est nourri d’aucun esprit de revanche envers qui que ce
soit. Une page s’est tournée dans les décisions prises, notamment par le
Parlement jurassien. La détermination qu’on lui a reconnu au cours de l’année
écoulée sera en 2006 toute consacrée à valoriser les vertus d’une politique
honnête parce que préservant l’affirmation des convictions des uns et des
autres, active parce que promouvant des propositions qui sortent des sentiers
battus, positive parce que privilégiant un débat démocratique adulte et
respectueux des divergences à exprimer ou déjà dites. C’est dans cette
perspective que le MAJ (RJ-UJ) et ses mouvements affiliés souhaitent réunir les
« Etats généraux de l’unité » au cours du premier trimestre de 2006.
Pour refaire le point et avancer en concertation. Les Jurassiens ont toujours
su dépasser leurs antagonismes partisans ou idéologiques. Ils y parviendront
encore, en toute conscience de leurs responsabilités face à l’histoire.
Pierre-André Comte Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ) Député au Parlement jurassien
Vellerat/Moutier, le 28
décembre 2005
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